last revised:
2009, January 28
 
 
 
"Le bien devient le mal, le mal se trans-
forme en bien."
 
 
 
"Tu écris quand un truc te passe par la tête."
 
 
 
 
"Je prends tous les bouquins qui me plaisent..."
 
 
 
 
"À la limite, j'aurais plus lu dans ma vie que travaillé profes-
sionnellement."
 
 

Littérature : Jean-François Gros

Les parents du petit Paul regardent toujours la télé - au lieu, bien évidemment, de s'occuper de Paul. Mais Paul a tout un répertoire d'espiègleries pour se faire remarquer. Et finalement, ses parents comprennent : la télé est un parasite et le petit Paul, il existe...
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Jean-François Gros, Montpellier
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Cela fait maintenant quatre ans que Jean-François Gros discutait écriture avec une copine graphiste qui dessinait des films animés. Et c'était là où elle a prononcé les mots magiques : "Tu devrais écrire un scénario." Il est clair que, comme tout le monde dans cette situation, il a protesté - il n'aurait aucune notion de l'art de composer un scénario...
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Finalement, il l'a essayé quand même - et ce qui sortait, c'était Le Surdoué, l'histoire du petit Paul. Et elle n'est pas restée la dernière. Encouragé par la copine graphiste, Jean-François Gros a commencé son deuxième scénario : La légende du dragon fumé.
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Ici, l'auteur découvre son immense imagination et son amour de l'absurde. L'histoire joue dans un village à Japon - son Japon de rêve - situé au neuvième siècle. Il est gouverné par son maire Hon-Di-Kil-Boi et sa femme Fa-Mo-Fo-Ye. Puis, il y a encore deux autres villages dans le coin, dont l'un n'est habité que par des hommes qui, astucieux, ont trouvé un système pour se reproduire sans l'intervention des femmes. Le deuxième village, exclusivement peuplé par des femmes, par contre, a encore besoin de "reproducteurs males".
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Jean-François Gros, Montpellier
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Actuellement, un malaise se fait sentir dans le village de Hon-Di-Kil-Boi : ses habitants ont pris l'habitude de la richesse extorquée des peuples qu'ils ont vaincus pendant leurs divers raids belliqueux. Or, si, aujourd'hui, on observe les guerriers, on les voit plutôt gais que furieux, ils rigolent au lieu de se préparer à une nouvelle guerre.
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D'où vient ce mal ? Le maire s'adresse à deux justiciers intergalactiques : Mo-No-Pri et Bi-Ki-Ni. Et, comme tous les justiciers, ils réussissent : ils dénichent un dragon qui, méchamment, se déguise en clown pour faire rire les guerriers. Le pire - le dragon n'est qu'un automate piloté à distance par Pou-Ri, le génie du mal.
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Il est clair que les justiciers vainquent Pou-Ri, et les guerriers peuvent enfin récupérer le bon esprit pour attaquer un autre village. Mais, catastrophe, ils se rendent compte que rigoler, finalement, fait plus plaisir. Et, happy end, ils obligent le maire de faire la paix avec les autres villages et de partager ses richesses.
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Le bien devient le mal, le mal se transforme en bien - ceci est Jean-François Gros. Depuis quelques années, il ne travaille plus dans son métier de spécialiste du marketing, mais il se donne entièrement à la littérature : il écrit. Il écrit n'importe quand, n'importe où, le matin, le soir... "Tu écris quand un truc te passe par la tête", proclame-t-il devant la Revue online des Gens de Montpellier, avec son petit sourire amusé. "Tu poses le stylo sur le papier, et ça part tout seul. Et tout de suite après, tu te retrouves sur la prochaine page."$ Écrire, cela fait partie de ce Montpelliérain de naissance. Une fois commencé son premier scénario, il a remarqué qu'en vérité, il a écrit pendant toute sa vie. Sans s'en rendre compte. Et
 
 

Jean-François Gros, écrivain de Montpellier

sans le montrer à personne - sauf, peut-être, à sa mère. Mais pas très souvent non plus. Parfois il ne se rend même pas compte de ce qu'il écrit : "Je le vois au moment où je relis mon texte."
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Mais - "la rigueur", explique Jean-François Gros, "est importante quand même." Lorsqu'il est dans une phase de création, il essaie d'écrire tous les jours. "Sinon, tu ne finis jamais." Chez lui, tout doit se passer rapidement. En général, écrire une histoire ne prend que quelques jours.
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Grâce au Dragon fumé, il a été accepté à l'IMCA, le centre de formation professionnelle aux métiers de l'audiovisuel. "Il fallait que j'apprenne la forme d'un scénario." Mais avant de commencer le stage, il a dit "stop - j'arrête le cinéma". Pourquoi ce changement d'avis subite ? "J'ai fait quelques analyses dans le secteur marketing" - profession oblige - et : "À part de faire quelque chose d'extraordinaire ou d'être déjà connu, il n'y a que très peu de chances de placer un scénario. Il y a trop de scénaristes."
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Jean-François Gros, Montpellier
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Ce qui, par contre, semblait avoir de l'avenir, c'était la littérature pour les enfants. "Autant commencer par quelque chose qui est en plein essor - car, finalement, je ne suis pas un fils de..." Cela sonne sérieux, mais Jean-François sourit, lorsqu'il lance ces mots. Car, avant tout, il y avait Apolline et Alexandre, sa nièce et son neveu, pour lesquels il avait envie d'écrire.
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Sa première véritable histoire pour enfants a pour héro - une poupée. Une poupée magique, bien entendu. Selon le vendeur, elle devrait parler. Mais au lieu de parler, elle rend muets les autres… Toutefois, à la fin, tout ce passe bien, grâce à Apolline, la petite fille, qui sauve tout le monde et la situation.
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Depuis La poupée qui parle, il n'écrit plus que pour les enfants. Et pour leurs parents. L'idéal, selon Jean-François Gros, serait des parents qui lisent les histoires aux enfants. Il écrirait donc quelques passages adressés aux adultes et, d'autres, destinés aux petits. "Mais un éditeur m'a dit que cela ne marcherait pas. J'aurais oublié que les enfants préfèrent lire tout seuls."
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Entre-temps, il a trouvé son style. Un style qui s'adresse entièrement aux enfants. Sa dernière histoire se passe dans le monde des Indiens d'Amérique, où ses petits lecteurs sont confrontés avec les moeurs d'une époque, d'un peuple lointain et proche en même temps.
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Et quand il ne travaille pas ? Dans ce cas, il lit. Il lit de tout. "Avant, j'étais très philo, socio, psycho. Mais maintenant, j'ai constitué ma philosophie perso." Et, par conséquent, il préfère découvrir. "Je prends tous les bouquins qui me plaisent - des essais, des romans, San Antonio... je veux découvrir du tout." Finalement, la littérature occupait toujours la place la plus importante dans sa vie. "À la limite, je peux dire que j'aurais plus lu dans ma vie que travaillé professionnellement."
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Est-il solitaire ? "Pas vraiment, enfin, oui, un peu." Plus jeune, il avait beaucoup de copains. "Mais maintenant, je me rends compte que les hommes ne m'apprécient plus. C'est bizarre, car je ne les mords pas…". Et il rit un peu gêné. La famille, par contre, est importante. "Je tiens beaucoup à ma mère, ma soeur, mon oncle et ma tante." Et à sa copine Marie-Elisabeth qu'il a rencontrée il y a six ans à un thé dansant. Assise pas loin de lui, elle aurait murmuré pour elle toute seule : "Tiens, personne ne nous invite à danser." Et Jean-François l'a entendu...
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Aujourd'hui, elle est devenu son plus grand soutien moral. "Elle croit en moi et mes bouquins". Parce que la confiance, c'est important. "Quand on écrit, il faut tout oublier. On a l'impression de partir pour un autre univers. Mais, en fin de compte, personne n'est capable d'exprimer des choses qu'on n'a pas vu, senti, pensé, vécu soi-même."
 
 
Le portrait de Jean-François Gros a été sponsorisé par Benoît Ivernel et French Help Services à Montpellier. Visitez le portrait de Benoît Ivernel sur le site de la Revue online de la Vie de Montpellier.
 
 
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