Mireille Giraud et la pierre bleue
actif." Pour elle, c'est entre 1970 et 1980 que la qualité de l'enseignement a été la plus performante, grâce aux moyens dont bénéficiaient les professeurs. Après ce long épisode parisien, Mireille revient à Alès auprès de sa famille et c'est là qu'elle découvre les archives familiales, celles des carrières de la pierre bleue. À partir de ce moment, sa nouvelle passion prend le pas sur tout.
Son premier livre : "Au pays de la pierre bleue" est une chronique de la vie quotidienne du village de Vogüé autour du pôle économique qu'étaient les carrières. Leur histoire est étroitement liée au chemin de fer. Son passage par le village a permis aux pierres d'être envoyées un peu partout. Tout cela, Mireille Giraud l'a vécu. C'est la restitution d'une époque s'étendant de 1880 à 1945 qu'elle écrit. Pour bien mettre en évidence le lien entre la pierre bleue et la voie ferrée, elle témoigne : "Les pierres rendent la politesse au chemin de fer et fournissent le matériau nécessaire à la construction de nouvelles lignes."

Mais au fait ? Pourquoi la pierre bleue... ? C'est Mireille Giraud elle-même qui a trouvé ce nom. Elle s'en explique: "C'est une pierre calcaire gris-bleu, très dure et de forte densité. Une fois polie, elle a l'aspect du marbre. Elle résiste au froid, aux intempéries, à l'eau de mer... Lors de son extraction, plusieurs strates apparaissent, certaines sont franchement bleues et souvent, il arrive que les clients demandent carrément que la pierre ait cette couleur particulière."
Son deuxième ouvrage ? C'est "La pierre bleue et le chemin de fer". Il est issu du croisement des archives de la construction de la ligne Anduze-Saint-Jean-du-Gard et de la documentation déjà détenue par Mireille. L'auteur va évoquer toutes les étapes de la construction de ce chantier. On y trouve aussi les lettres entre les riverains ainsi que toute la correspondance entre le maître-carrier et l'entrepreneur. La construction de cette ligne est ainsi narrée grâce au vécu de ses acteurs et des ses spectateurs.
Enfin, c'est dans son troisième livre : "Quand la pierre bleue raconte la Grande Guerre" que Mireille Giraud évoque l'importance jouée par cette matière dans la construction de monuments aux morts. Elle explique: "Toutes les familles avaient perdu au moins un de leurs membres et on ne pouvait pas retrouver les corps. Alors comment faire son deuil ?" La réponse a été fournie par l'état qui a décidé de faire édifier des monuments aux morts. La pierre bleue, grâce à ses caractéristiques, va être très recherchée dans l'art funéraire. Par exemple, sur six cimetières américains situés dans la région de la Meuse, quatre ont été édifiés grâce à elle. Ce livre est essentiellement un plaidoyer contre la guerre.
L'avenir de Mireille Giraud et de sa pierre bleue ? - Sur la demande de la
Médiathèque Émile Zola, elle recherche les monuments de
Montpellier qui ont été construits avec ce matériau. Le résultat de ses recherches enrichira les archives de notre ville. Du point de vue littéraire, Mireille envisage un livre sur les ponts construits avec la pierre bleue.
En dehors de ses activités d'écriture, Mireille Giraud se qualifie elle-même d'écorchée vive, de révoltée... Contre quoi ? Contre les injustices du monde actuel et contre toute les formes d'exploitation. Pour cela, elle a toujours eu une vie associative très importante, elle est également très engagée dans des organisations caritatives et humanitaires. Mireille Giraud est une battante, une idéaliste active, et c'est cela qui motive son enthousiasme. Elle conclut par la phrase : "Ma révolte est mon moteur."