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2008, May 10
 
 
 
"Pendant trente ans en région parisienne, je n'ai pas perdu mon accent !"
 
 
 
"J'y ai dansé avec Manitas de Plata !"
 
 
 
 
"Dés que j'arrive en tram à la Comédie, c'est la fête."
 
 
 
 
"Ma révolte est mon moteur."
 
 

Littérature : Mireille Giraud

C'est en Ardèche et plus particulièrement à Vogüé, le village de la "pierre bleue", que se situent les racines de Mireille Giraud, professeur de Lettres à la retraite.
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Mireille Giraud à Montpellier
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Ses origines, elle en est fière : "Pendant trente ans en région parisienne, je n'ai pas perdu mon accent !" confie-t-elle avec enthousiasme à la Revue online des Gens de Montpellier.
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En 1999, de retour à Alès, elle découvre dans le grenier de la maison de ses parents les archives familiales. Elle explique : "Les archives des carrières de la pierre de Vogüé me sont tombées sur le coin de la figure... ". Celles-ci racontent toute l'histoire de la pierre bleue, celle de l'entreprise de son grand-père qui était en son temps le plus important maître-carrier de Vogüé. Mireille Giraud enchaîne aussitôt : "Ce travail a été une évidence !" Dépouillement et classement se sont succédé, mais le résultat a bientôt été là : elle en a fait trois livres.
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Mireille Giraud et Montpellier
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Mireille Giraud vit jusqu'à l'âge de neuf ans à Vogüé au rythme de la carrière : elle écoute les bruits des outils qui frappent la pierre, elle admire le rude travail des hommes qui façonnent et chargent le matériau. Jusqu'en 1945, date à laquelle le béton fait son apparition, Mireille est imprégnée de cette atmosphère.
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Et Montpellier ? Mireille Giraud connaît très bien la ville. Elle fait ses études à la faculté des Lettres autour de 1955. La fac de Lettres est alors située derrière la Tour des Pins, entre le Boulevard Henri IV et la rue de l'Université. Mireille se souvient : "Nous évoluions dans un triangle : la fac, la cité universitaire des Arceaux et bien sûr l'A.G.E.M...." A.G.E.M. ? C'est Association générale des étudiants de Montpellier située rue de la Croix d'Or, à deux pas de la Comédie. Là, tous les étudiants de Montpellier se retrouvent. On se rencontre, on s'amuse, on danse surtout - Mireille raconte avec un sourire : J'y ai même dansé avec Manitas de Plata !" - Manitas ? Sa renommée n'est plus à faire... C'était l'un des plus grands guitaristes de flamenco au monde. Et il est montpelliérain ! Ces souvenirs sont ceux du Montpellier des années 55-60 où il faisait bon vivre... Quant au Montpellier actuel, Mireille Giraud l'adore : "il est vivant, très culturel. Dés que j'arrive en tram à la Comédie, c'est la fête !" s'enthousiasme-t-elle.
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Après ses études, Mireille Giraud est nommée en région parisienne et enseigne dans plusieurs lycées et collèges. Elle se marie avec un parisien d'origine cévenole et met au monde ses enfants : un garçon et une fille. Elle se séparera de son mari quelques années plus tard. Du point de vue professionnel, elle retient surtout son passage au lycée Lakanal où elle a comme élève Thierry Le Luron. "En ce temps-là, je pouvais vivre mon enseignement !" déclare-t-elle à la Revue online des Gens de Montpellier, "C'était un enseignement
 
 

Mireille Giraud et la pierre bleue

actif." Pour elle, c'est entre 1970 et 1980 que la qualité de l'enseignement a été la plus performante, grâce aux moyens dont bénéficiaient les professeurs. Après ce long épisode parisien, Mireille revient à Alès auprès de sa famille et c'est là qu'elle découvre les archives familiales, celles des carrières de la pierre bleue. À partir de ce moment, sa nouvelle passion prend le pas sur tout.
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Son premier livre : "Au pays de la pierre bleue" est une chronique de la vie quotidienne du village de Vogüé autour du pôle économique qu'étaient les carrières. Leur histoire est étroitement liée au chemin de fer. Son passage par le village a permis aux pierres d'être envoyées un peu partout. Tout cela, Mireille Giraud l'a vécu. C'est la restitution d'une époque s'étendant de 1880 à 1945 qu'elle écrit. Pour bien mettre en évidence le lien entre la pierre bleue et la voie ferrée, elle témoigne : "Les pierres rendent la politesse au chemin de fer et fournissent le matériau nécessaire à la construction de nouvelles lignes."
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Mireille Giraud, Montpellier
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Mais au fait ? Pourquoi la pierre bleue... ? C'est Mireille Giraud elle-même qui a trouvé ce nom. Elle s'en explique: "C'est une pierre calcaire gris-bleu, très dure et de forte densité. Une fois polie, elle a l'aspect du marbre. Elle résiste au froid, aux intempéries, à l'eau de mer... Lors de son extraction, plusieurs strates apparaissent, certaines sont franchement bleues et souvent, il arrive que les clients demandent carrément que la pierre ait cette couleur particulière."
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Son deuxième ouvrage ? C'est "La pierre bleue et le chemin de fer". Il est issu du croisement des archives de la construction de la ligne Anduze-Saint-Jean-du-Gard et de la documentation déjà détenue par Mireille. L'auteur va évoquer toutes les étapes de la construction de ce chantier. On y trouve aussi les lettres entre les riverains ainsi que toute la correspondance entre le maître-carrier et l'entrepreneur. La construction de cette ligne est ainsi narrée grâce au vécu de ses acteurs et des ses spectateurs.
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Enfin, c'est dans son troisième livre : "Quand la pierre bleue raconte la Grande Guerre" que Mireille Giraud évoque l'importance jouée par cette matière dans la construction de monuments aux morts. Elle explique: "Toutes les familles avaient perdu au moins un de leurs membres et on ne pouvait pas retrouver les corps. Alors comment faire son deuil ?" La réponse a été fournie par l'état qui a décidé de faire édifier des monuments aux morts. La pierre bleue, grâce à ses caractéristiques, va être très recherchée dans l'art funéraire. Par exemple, sur six cimetières américains situés dans la région de la Meuse, quatre ont été édifiés grâce à elle. Ce livre est essentiellement un plaidoyer contre la guerre.
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L'avenir de Mireille Giraud et de sa pierre bleue ? - Sur la demande de la Médiathèque Émile Zola, elle recherche les monuments de Montpellier qui ont été construits avec ce matériau. Le résultat de ses recherches enrichira les archives de notre ville. Du point de vue littéraire, Mireille envisage un livre sur les ponts construits avec la pierre bleue.
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En dehors de ses activités d'écriture, Mireille Giraud se qualifie elle-même d'écorchée vive, de révoltée... Contre quoi ? Contre les injustices du monde actuel et contre toute les formes d'exploitation. Pour cela, elle a toujours eu une vie associative très importante, elle est également très engagée dans des organisations caritatives et humanitaires. Mireille Giraud est une battante, une idéaliste active, et c'est cela qui motive son enthousiasme. Elle conclut par la phrase : "Ma révolte est mon moteur."
 
 
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