Éric Brun, Montpellier et le théâtre
au moment de préparer la journée. Puis, la nuit, il écrit sans voir passer les heures, souvent jusqu'à deux heures le matin.
Le sujet de sa nouvelle pièce sera choisi par rapport à l'effet qu'il produirait : "Cet effet est déjà très clair dans mon esprit." Mais Éric n'a pas encore décidé si, pour atteindre son objectif, il entrerait dans le monde du pouvoir politique ou si, pour changer, il opterait plutôt pour un thème érotique, avec un style beaucoup plus léger que celui de "Liberté chérie".
Un homme qui ne cesse jamais de travailler, qui ne vit que pour l'écriture - son loisir ne devrait-il pas être dominé par la lecture ? - "Je passe beaucoup de temps à lire", déclare Éric Brun à la
Revue online des Gens de Montpellier, "mais peu est consacré à des auteurs modernes."
Les gens qui, il y a cent ans, étaient dans la même position qu'Éric Brun, se sont formés sur Shakespeare ou Molière. "Il faut aller où les racines sont solides." Cette restriction ne serait-elle pas une critique vis-à-vis des contemporains de nos classiques ? "Il y avait certainement d'autres bons auteurs à cette époque. Mais le fait que des hommes comme Shakespeare ou Molière étaient les plus connus les transforme en racines."

Quels sont donc les auteurs de théâtre qui ont réussi à éveiller l'intérêt de ce jeune auteur montpelliérain ? -
Shakespeare, bien sûr, et
Molière, mais aussi
Oscar Wilde,
Nathalie Sarraute, ou
Edward Albee et
Yasmina Reza.
Y a-t-il autre chose que le théâtre ou la littérature dans la vie d'Éric Brun ? - D'abord, bien sûr, la musique : "On s'est permit d'oublier Vivaldi." Avec ses soixante opéras peu connus, il serait le roi de l'opéra baroque. Mais Éric aime aussi faire de la moto et, quand il est à Paris, il passe des soirées agréables avec des amis qui n'ont "rien à voir avec le monde du théâtre".
La plupart du temps, toutefois, il se consacre à la lecture (des classiques) et à son écriture : "Oui, je me considère comme solitaire." Déjà, il n'aime pas la foule : "S'il y a foule, il y a forcément un événement qui donne à la foule sa raison d'être. Et, franchement, il est très rare qu'un tel événement arrive à me tenter."
Lorsqu'il veut être seul, il débranche son téléphone fixe. Le portable n'est pour lui qu'un outil peu agréable. "En fait", explique-t-il, "chaque moment de la vie correspond à une ambiance bien définie. Cette ambiance est créée par les lieu et les personnes avec qui on passe son temps. En fin de compte, la vie n'est qu'une succession d'ambiances précises."
Très souvent, Éric Brun est à la recherche d'une ambiance bien concrète. "Si tu es, par exemple, dans l'ambiance de la montagne, la pensée correspond à cette ambiance." Quant au téléphone portable, il n'y a rien à faire : "Si quelqu'un appelle à un tel moment, l'ambiance est immédiatement détruite."
Mais, aux yeux d'Éric Brun, le portable présente encore un autre désavantage : "Il nous permet de contacter tout le monde à n'importe quel moment." N'est-ce pas une fonction qui facilite la vie ? "Oui, bien sûr, mais elle signifie aussi que les rendez-vous peuvent être décidés ou changés au dernier moment. Prendre un rendez-vous n'est plus une véritable décision."
La décision la plus importante que l'auteur prendra dans ces jours c'est celle du choix de son nouveau sujet. Et peu importe laquelle de ses deux idées l'emportera, nous pouvons être sûrs que le monde du théâtre aura de nouveau de quoi se régaler. À Montpellier et ailleurs, nous entendrons encore parler d'Éric Brun...