last revised:
February 13, 2009
 
 
 
"Malheureusement, il faut être assis pour écrire."
 
 
 
"Je veux savoir, com-
ment ils pensent."
 
 
 
 
"L'esprit ne s'arrête jamais."
 
 
 
 
"Chaque moment de la vie correspond à une ambiance."
 
 

Littérature : Éric Brun

Le jour où il a quitté Paris et son job à la bourse, il s'est promis de ne plus bouger avant que sa pièce de théâtre ne soit terminée. Et il a tenu parole. Dix-huit mois après son déménagement à Montpellier, le mot magique "fin" a apparu sous sa première oeuvre. Le dernier mot de Liberté chérie, une comédie sur la fuite de soi et le principe d'objectivité, a été prononcé.
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Éric Brun, Montpellier
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Éric Brun se régale quand il écrit. Y passer des jours entiers ne lui pose aucun problème - ou presque : "Il faut être assis pour écrire, malheureusement." Si cela était possible, il serait sans cesse en mouvement. Car : "La pensée vient avec le mouvement."
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Mais finalement, les idées viennent n'importe où, n'importe quand. Quoique, selon Éric Brun, la réflexion sur un sujet fasse partie du travail concret, tant que l'écriture. Il est vrai que, pour accomplir cette partie préparatoire du travail de l'écriture, il n'est pas obligé de rester assis à son bureau. Toutefois, il faut tout noter. Pour organiser sa pensée avant le "véritable" acte d'écriture, Éric Brun établit de petits cahiers d'une dizaine de pages : un pour l'intrigue, un autre pour les personnages, les situations, les différents types de dialogue,...
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Éric Brun, Montpellier
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Lorsqu'il écrivait sa première pièce, il s'y consacrait à cent pour cent : "Mes amis ne savaient plus ce que j'étais devenu. Je ne sortais pas, je ne répondais pas au téléphone". Maintenant, par contre, sa vie a changé - il est tombé sous le charme de Montpellier, s'occupe de l'association eat Languedoc-Roussillon (filiale régionale des Écrivains Associés du Théâtre) et, surtout, fait tout pour connaître "son" milieu, celui du théâtre.
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Quand il découvre ce monde parfois étrange du spectacle, Éric Brun parle de "préciser sa connaissance des esthétiques théâtrales actuelles". Cela veut dire "naviguer" dans un univers bien à part mais, en même temps, aussi aller vers les gens qui, un jour, pourraient mettre en scène sa pièce. Rencontrer des comédiens, des metteurs en scène, des techniciens, les associations de spectateurs,... : "Je veux savoir, comment ils pensent", explique l'écrivain à la Revue online des Gens de Montpellier. Le monde du théâtre est devenu son centre de vie - et il veut l'explorer à fond.
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Toutefois, en même temps, il a commencé sa deuxième pièce. En vérité, il n'y a jamais de moment où il ne travaille pas : "L'esprit ne s'arrête jamais." Éric Brun sourit : "Et je n'essaie même pas de l'arrêter." Cela vaut-il la peine ? "L'esprit ne travaille jamais pour rien. Même s'il n'y a pas de solution immédiate, plus tôt ou tard, il la produit."
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Pour le moment, la deuxième pièce est encore dans un stade préparatoire. Éric Brun réfléchit aux personnages, trace leur route globale et fabrique leur univers. Il suit un horaire fixe : les détails se précisent souvent le matin, au cours des activités régulières - sous la douche, quand il fait la vaisselle, au petit déjeuner,
 
 
Le portrait d'Éric Brun a été sponsorisé par Béatrice Biard et Magellangue à Montpellier. Visitez Béatrice Biard sur le site de la Revue online de la Vie de Montpellier.
 
 

Éric Brun, Montpellier et le théâtre

au moment de préparer la journée. Puis, la nuit, il écrit sans voir passer les heures, souvent jusqu'à deux heures le matin.
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Le sujet de sa nouvelle pièce sera choisi par rapport à l'effet qu'il produirait : "Cet effet est déjà très clair dans mon esprit." Mais Éric n'a pas encore décidé si, pour atteindre son objectif, il entrerait dans le monde du pouvoir politique ou si, pour changer, il opterait plutôt pour un thème érotique, avec un style beaucoup plus léger que celui de "Liberté chérie".
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Un homme qui ne cesse jamais de travailler, qui ne vit que pour l'écriture - son loisir ne devrait-il pas être dominé par la lecture ? - "Je passe beaucoup de temps à lire", déclare Éric Brun à la Revue online des Gens de Montpellier, "mais peu est consacré à des auteurs modernes."
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Les gens qui, il y a cent ans, étaient dans la même position qu'Éric Brun, se sont formés sur Shakespeare ou Molière. "Il faut aller où les racines sont solides." Cette restriction ne serait-elle pas une critique vis-à-vis des contemporains de nos classiques ? "Il y avait certainement d'autres bons auteurs à cette époque. Mais le fait que des hommes comme Shakespeare ou Molière étaient les plus connus les transforme en racines."
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Éric Brun, Montpellier
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Quels sont donc les auteurs de théâtre qui ont réussi à éveiller l'intérêt de ce jeune auteur montpelliérain ? - Shakespeare, bien sûr, et Molière, mais aussi Oscar Wilde, Nathalie Sarraute, ou Edward Albee et Yasmina Reza.
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Y a-t-il autre chose que le théâtre ou la littérature dans la vie d'Éric Brun ? - D'abord, bien sûr, la musique : "On s'est permit d'oublier Vivaldi." Avec ses soixante opéras peu connus, il serait le roi de l'opéra baroque. Mais Éric aime aussi faire de la moto et, quand il est à Paris, il passe des soirées agréables avec des amis qui n'ont "rien à voir avec le monde du théâtre".
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La plupart du temps, toutefois, il se consacre à la lecture (des classiques) et à son écriture : "Oui, je me considère comme solitaire." Déjà, il n'aime pas la foule : "S'il y a foule, il y a forcément un événement qui donne à la foule sa raison d'être. Et, franchement, il est très rare qu'un tel événement arrive à me tenter."
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Lorsqu'il veut être seul, il débranche son téléphone fixe. Le portable n'est pour lui qu'un outil peu agréable. "En fait", explique-t-il, "chaque moment de la vie correspond à une ambiance bien définie. Cette ambiance est créée par les lieu et les personnes avec qui on passe son temps. En fin de compte, la vie n'est qu'une succession d'ambiances précises."
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Très souvent, Éric Brun est à la recherche d'une ambiance bien concrète. "Si tu es, par exemple, dans l'ambiance de la montagne, la pensée correspond à cette ambiance." Quant au téléphone portable, il n'y a rien à faire : "Si quelqu'un appelle à un tel moment, l'ambiance est immédiatement détruite."
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Mais, aux yeux d'Éric Brun, le portable présente encore un autre désavantage : "Il nous permet de contacter tout le monde à n'importe quel moment." N'est-ce pas une fonction qui facilite la vie ? "Oui, bien sûr, mais elle signifie aussi que les rendez-vous peuvent être décidés ou changés au dernier moment. Prendre un rendez-vous n'est plus une véritable décision."
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La décision la plus importante que l'auteur prendra dans ces jours c'est celle du choix de son nouveau sujet. Et peu importe laquelle de ses deux idées l'emportera, nous pouvons être sûrs que le monde du théâtre aura de nouveau de quoi se régaler. À Montpellier et ailleurs, nous entendrons encore parler d'Éric Brun...
 
 
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