Zepetra, l'école de cirque
Personne n'est mieux que son voisin." Il n'y a pas d'esprit de "compétition" à Zepetra. Mais les enfants ont la possibilité de faire des choses qui, chez eux, sont interdites - "mais juste dans des cas précis".

Ainsi, les enfants distinguent vite entre ce qui est possible et ce qui ne peut jamais être autorisé.
L'école de cirque est un endroit où les enfants peuvent jouer librement - ce qui ne veut pas dire qu'elle n'aurait pas des règles rigoureuses en même temps. D'abord, il y a bien sûr la sécurité. Ensuite, les normes qui rendent la vie commune plus facile : "Un exemple ? Enlever les chaussures en sortant du vestiaire devient rapidement un geste automatique. Aussi automatique que l'habitude de ne jamais passer devant les autres." Les enfants de l'école de cirque savent que cela n'apporte rien.
Il va de soi que cet apprentissage exerce une influence sur le comportement général des enfants. Mais ce n'est pas seulement la confiance en soi et le respect des autres qui les marquent, mais aussi la
maîtrise du corps. Ils commencent avec des exercices en collectif pour, ensuite, passer à la motricité fine. Ils découvrent la

jonglerie et le sentiment de marcher sur une poutre, une boule qui bouge ou un tapis roulant. Le contact avec les supports inhabituels fait plaisir et, bientôt, il devient "normal". Plus tard, on passe au cours d'aériens, le trapèze, les cordes et, en général, on va jusqu'à l'acrobatie.
Les cours sont plus ou moins pareils pour les enfants et les adultes. Mais il y a des jeunes qui ne viennent pas seulement pour s'amuser. Ensemble, ils montent des numéros et organisent des spectacles. "Nous avons eu des élèves qui sont devenus de vrais artistes de cirque", explique Agnès Simon.
Thomas Reudet, par exemple, qui, connu et reconnu dans son monde, travaille entre autres avec
Attention fragile, une compagnie de théâtre itinérant.
Les élèves adultes de l'école - actuellement, les plus âgés ont la cinquantaine - savent qu'ils n'y trouvent pas seulement le plaisir de se rencontrer et de faire du sport "différemment", mais aussi un cadre rigoureusement pro. Pour eux, le cirque est l'aboutissement d'un rêve : "...car le cirque, ça fait aussi rêver".
"Mais il y a une autre partie de notre travail qui est extrêmement importante", souligne Agnès. Elle concerne des personnes handicapées et des gens en difficulté sociale. Ils viennent des instituts sociaux éducatifs et des centres d'hébergement d'urgence. Souvent, ils sont sortis de la prison, étaient victimes de l'alcoolisme ou n'ont pas de logement fixe. Il y a aussi des femmes qui, battues par leurs partenaires, s'en sont échappées au prix de se retrouver seules et sans ressources. Tout ce monde a besoin de retrouver la confiance en soi, de vivre le plaisir de sentir leurs corps et le goût de l'effort.
Aujourd'hui, Agnès Simon s'occupe surtout des tâches administratives de son école. Elle est heureuse, son métier est sa passion. Il lui donne la possibilité de côtoyer un monde qu'elle aime, où elle se sent chez elle. "L'école représente la moitié de ma vie - bien qu'elle occupe plus de la moitié de mon temps." Veiller à l'esprit qui règne chez Zepetra fait partie de son quotidien : "...un esprit dont je veux qu'il reste à la fois convivial, chaleureux et professionnel".