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2008, May 10
 
 
 
"Je suis montée sur un trapèze..."
 
 
 
"Ils font l'expérience qu'ils sont capables de réussir tout ce qu'ils veulent."
 
 
 
 
"Pour eux, le cirque est l'aboutissement d'un rêve."
 
 
 
 
"...un monde que j'aime, où je me sens chez moi."
 
 

Agnès Simon

"Je suis montée sur un trapèze. Tout est là." Si le cirque ne l'avait pas attirée, Agnès aurait travaillé dans une colonie de vacances. Et c'était juste dans une colonie de vacances qu'elle a fait connaissance avec une famille d'artistes de cirque.
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"On peut dire que c'était une des rencontres les plus importantes de ma vie." Grâce à cette famille, Agnès a fait connaissance du monde du cirque - un monde qui, depuis, est devenu le sien. "Je n'oublierai jamais le moment où Gipsy, la jeune fille de la famille, m'a fait monter sur un trapèze." Aujourd'hui, lorsqu'elle regarde les jeunes et moins jeunes qui s'amusent dans son école de cirque, elle pense souvent à elle. Parfois, elle aimerait savoir ce qu'elle est devenue. Mais elles ne sont pas restées en contact. Pourquoi ? Elle réfléchit. "L'important était juste le fait d'avoir rencontré cette famille et ce qu'elle m'a donné...".
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Agnès Simon, Montpellier
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Elle lui a donné une passion. Sans hésiter, elle s'est inscrite à une école de cirque et, en 1994, à une époque où il n'y avait aucune institution de ce genre à Montpellier, elle a décidé de créer sa propre école à Castelnau-le-Lez.
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Pendant toute sa vie "avant" la fameuse rencontre avec les artistes de cirque, Agnès Simon avait travaillé dans des métiers où le contact faisait partie du quotidien. Elle était dans la vente, la restauration et animatrice dans des colonies de vacances. Elle savait s'y prendre avec les adultes, mais elle adorait les enfants - les siens (elle en a trois qui, entre-temps, travaillent eux-mêmes dans des métiers qu'ils aiment) et les autres. La création de son école lui permettait donc de lier les deux choses qui, pour elle, étaient toujours les plus belles de la vie : le cirque et les enfants.
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Pour donner un nom à son association, Agnès n'avait pas à chercher loin. Le trapèze l'avait mené vers une autre vie - le trapèze devait donc être le "parrain" de son école. Elle recevait le nom de Zepetra, les trois syllabes de "tra-pe-ze" à l'envers. Les premiers stages de cirque se sont déroulés dans la salle de sport de la marie de Castelnau. Mais déjà deux mois plus tard, la nouvelle école - d'abord dans un petit hangar, plus tard dans une maison plus appropriée - a ouvert ses portes. Et le succès a été immédiat.
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Entre-temps, Zepetra accueille des enfants à partir de trois ans, des ados, des adultes : "Des gens de tous les âges viennent chez nous. Les uns pour apprendre à maîtriser leur corps, les autres juste pour s'amuser."
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Que les enfants apprennent-ils à Zepetra ? D'abord, la confiance en eux. "Ils font l'expérience qu'ils sont capables de réussir tout ce qu'ils veulent." Il suffit de s'y mettre sérieusement. "S'ils ratent un exercice aujourd'hui, ils le réussissent demain, même si le début est marqué par un échec." Toutefois, personne ne force jamais personne de faire ce qu'il ne veut pas. Il est clair qu'il y a des enfants qui, surtout au début, sont inquiets et s'accrochent pour ne pas tomber. Dans ces cas, un exercice est proposé autrement et, tout de suite, il devient plus simple. Tout doit rester jeu.
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Ensuite, le respect des autres. Les enfants comprennent vite qu'il ne faut jamais se moquer de personne. Ils apprennent aussi qu'il ne vaut pas la peine de se sentir supérieur ou inférieur. "Per- sonne n'a intérêt à être le premier.
 
 

Zepetra, l'école de cirque

Personne n'est mieux que son voisin." Il n'y a pas d'esprit de "compétition" à Zepetra. Mais les enfants ont la possibilité de faire des choses qui, chez eux, sont interdites - "mais juste dans des cas précis".
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Agnès Simon, Montpellier
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Ainsi, les enfants distinguent vite entre ce qui est possible et ce qui ne peut jamais être autorisé.
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L'école de cirque est un endroit où les enfants peuvent jouer librement - ce qui ne veut pas dire qu'elle n'aurait pas des règles rigoureuses en même temps. D'abord, il y a bien sûr la sécurité. Ensuite, les normes qui rendent la vie commune plus facile : "Un exemple ? Enlever les chaussures en sortant du vestiaire devient rapidement un geste automatique. Aussi automatique que l'habitude de ne jamais passer devant les autres." Les enfants de l'école de cirque savent que cela n'apporte rien.
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Il va de soi que cet apprentissage exerce une influence sur le comportement général des enfants. Mais ce n'est pas seulement la confiance en soi et le respect des autres qui les marquent, mais aussi la maîtrise du corps. Ils commencent avec des exercices en collectif pour, ensuite, passer à la motricité fine. Ils découvrent la
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Agnès Simon, Montpellier
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jonglerie et le sentiment de marcher sur une poutre, une boule qui bouge ou un tapis roulant. Le contact avec les supports inhabituels fait plaisir et, bientôt, il devient "normal". Plus tard, on passe au cours d'aériens, le trapèze, les cordes et, en général, on va jusqu'à l'acrobatie.
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Les cours sont plus ou moins pareils pour les enfants et les adultes. Mais il y a des jeunes qui ne viennent pas seulement pour s'amuser. Ensemble, ils montent des numéros et organisent des spectacles. "Nous avons eu des élèves qui sont devenus de vrais artistes de cirque", explique Agnès Simon. Thomas Reudet, par exemple, qui, connu et reconnu dans son monde, travaille entre autres avec Attention fragile, une compagnie de théâtre itinérant.
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Les élèves adultes de l'école - actuellement, les plus âgés ont la cinquantaine - savent qu'ils n'y trouvent pas seulement le plaisir de se rencontrer et de faire du sport "différemment", mais aussi un cadre rigoureusement pro. Pour eux, le cirque est l'aboutissement d'un rêve : "...car le cirque, ça fait aussi rêver".
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"Mais il y a une autre partie de notre travail qui est extrêmement importante", souligne Agnès. Elle concerne des personnes handicapées et des gens en difficulté sociale. Ils viennent des instituts sociaux éducatifs et des centres d'hébergement d'urgence. Souvent, ils sont sortis de la prison, étaient victimes de l'alcoolisme ou n'ont pas de logement fixe. Il y a aussi des femmes qui, battues par leurs partenaires, s'en sont échappées au prix de se retrouver seules et sans ressources. Tout ce monde a besoin de retrouver la confiance en soi, de vivre le plaisir de sentir leurs corps et le goût de l'effort.
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Aujourd'hui, Agnès Simon s'occupe surtout des tâches administratives de son école. Elle est heureuse, son métier est sa passion. Il lui donne la possibilité de côtoyer un monde qu'elle aime, où elle se sent chez elle. "L'école représente la moitié de ma vie - bien qu'elle occupe plus de la moitié de mon temps." Veiller à l'esprit qui règne chez Zepetra fait partie de son quotidien : "...un esprit dont je veux qu'il reste à la fois convivial, chaleureux et professionnel".
 
 
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Revue online des Gens de Montpellier