Pedro Verdu : Le Flamenco est sa passion
l'a toujours épaulé, mais aussi les amis. - Et son père ? Comment voyait-il les efforts de son fils de suivre la vocation "héritée" de la culture de sa mère ? Pedro sourit, et ses yeux verts se mettent à briller. "J'ai eu la chance d'avoir des parents formidables", déclare-t-il à la
Revue online des Gens de Montpellier. "Il est clair que mon père n'a jamais été si proche de la culture flamenca que ma mère. Mais cela ne posait jamais de problème. Il m'a toujours encouragé."
Comme il encouragerait ses propres enfants ? "Bien sûr que je veux des enfants, un jour. Et s'ils ont envie de danser, je les soutiendrais de toutes mes forces. Mais je ne les obligerais à rien. Ils danseraient si ça leur fait plaisir."

C'est avec ce plaisir qu'il souhaite pour ses futurs enfants que Pedro Verdu danse et crée des chorographies "en évidence flamencas, la danse flamenca sous toutes ses formes." Il travaille la gestion des mains, des bras et des pieds, les postures et les
Zapateados, ces petits enchaînements des techniques de pied. Le Flamenco, c'est aussi le jeu des castagnettes et, bien sûr : "Dans le Flamenco, il y a toujours le chant." - Pedro Verdu adore chanter. Il pense qu'être "mordu" du Flamenco va jusqu'à étudier la langue espagnole : "Il faut que les danseurs comprennent les paroles des chants." Car comprendre les chants, cela signifie comprendre ce qui exprime la danse.
Souvent, il chante aussi pour accompagner ses cours de danse. Le Flamenco, s'il plaît à un enfant, lui donne "assez de possibilités". Mais, Pedro Verdu y insiste, il ne faut jamais forcer un enfant : "Parfois, il arrive que les parents veulent obliger un enfant de danser." Chez lui, les enfants n'étudient pas seulement de lever les bras, tourner les mains, tourner avec le corps ou à accomplir les pas de base avec les pieds : lever les talons, poser le pied à plat, taper avec le pied ou travailler les appuis. Ils apprennent aussi le respect : "Chacun fait comme il peut. Je ne tolère pas la moquerie." L'ambiance du cours, selon Pedro Verdu, dépend exclusivement du prof.
Pourquoi les gens - enfants et adultes - viennent chez lui ? Il y a évidemment les mordus du Flamenco qui veulent se perfectionner ou, tout simplement, mieux s'imprimer de la culture de la danse et de la musique. "D'autres viennent pour se détendre, pour aérer l'esprit."
Mais Pedro Verdu ne donne pas seulement des cours, il en prend aussi. Toujours. "Dans le Flamenco, il y a toujours quelque chose à apprendre." Tous les ans, il étudie un autre style. Chaque style, chaque danse flamenca exprime autre chose. "La
Siguiriya ou la
Soleá transmettent un sentiment tragique, l'
Alegría ou la
Bulería sont plus festives, plus gaies..."
Depuis l'âge de douze an, lorsque Pedro Verdu s'est inscrit dans son premier stage de danse, pas grand-chose n'a changé dans sa vie : elle est entièrement consacrée à la culture flamenca. Pourrait-il imaginer une vie sans la danse ? - "Ne plus pouvoir danser ? Cela serait une immense souffrance." Il réfléchit. "Peut-être j'essaierais de le vivre à travers de la musique."
Et que fait-il lorsqu'il ne travaille pas ? "La même chose que tous les gens de mon âge." Il sort avec des amis qui n'ont rien à voir avec le monde de la danse. Il mangent ensemble, organisent des randonnées, vont au ciné. Pedro a aussi envie de se remettre à la natation. "Il m'arrive à danser à titre privé, lors des anniversaires ou mariages, mais c'est très rare." Et voyager ?
"Jusqu'à maintenant, je n'ai voyagé que pour la danse." Le Flamenco exige un investissement total. Pour toujours ? "J'ai envie, maintenant, de m'ouvrir un peu plus sur le monde…" Mais, à la base, rien ne changera : le Flamenco restera l'objectif principal de sa vie de danseur...