James Thomson, humaniste à Montpellier
relations diplomatiques avec son homologue nigérian. Pour cela, chaque soir, un des membres du Corps de la Paix allait s'entretenir avec lui. Lors d'une de mes visites, le Président m'a demandé : 'Thomson ! Pourquoi tu ne publies que de mauvaises nouvelles dans ton journal ?' Spontanément, je lui ai répondu : 'C'est ça qui intéresse les gens...'."
Pendant tout ce séjour, Ellen et James entretiennent une importante correspondance qui leur permet de rester liés. Finalement, James Thomson retrouve les États-Unis où il est admis à l'Université d'État de l'Indiana et où, enfin, il épouse Ellen.
Qu'apprend-il à l'université ? Tout d'abord les sciences politiques. "Ma passion" déclare-t-il à la
Revue online des Gens de Montpellier, "a été l'étude des institutions, le droit et surtout leur possibilité d'influencer les comportements individuels et collectifs." Il appliquera cela au domaine des énergies renouvelables.
James Thomson revient au Niger en 1971 - cette fois-ci avec Ellen. Il y étudie sur le terrain ce qu'il appelle le "droit au quotidien" : "J'ai surtout abordé les litiges fonciers, familiaux ou administratifs, en appliquant les règles de l'école juridique de Maliki." Et il raconte avec un sourire malicieux : "Un jour, un de mes collaborateurs m'a signalé un problème avec le forestier du canton - celui-ci faisait payer à tort des amendes aux paysans pour avoir soi-disant coupé des branches sur des arbres protégés." La seule solution qu'ils ont pu fournir aux plaignants : "Ci da ce to" en Haoussa ou, littéralement : "Mange et dis ok !" Autrement dit - "Achète le fonctionnaire !" - corruption oblige...
De 1973 à 1974, James Thomson prépare sa thèse sur ses expériences au Niger. En 1974, il devient professeur des sciences politiques dans un
Liberal Àrts College en Pennsylvanie. Son épouse l'accompagne toujours. "Ellen est une artiste," note-t-il, "elle a toujours été mon premier partenaire intellectuel." Ils ont deux approches différentes tout d'abord de par leur lieu de naissance : James est "un Nordiste dans l'âme", Ellen est née à New York City, à Manhattan ; puis, de par leur spécificité : l'une juridique, l'autre plutôt artistique. Cette complémentarité renforcera une union durable de laquelle naissent deux garçons : "deux projets communs à Ellen et à moi."
En 1977, la famille Thomson repart pour le Niger. En ce moment-là, James est chercheur en droit du développement. "Quand Ellen est rentre au village avec nos deux enfants dans les bras, sa côte est montée", témoigne James, l'air amusé.

De retour aux États-Unis, James Thomson évolue de son statut d'enseignant à celui de
consultant international, il le deviendra en 1983 et le restera jusqu'à sa retraite en Mars 2007. En ce moment, la famille est basée à Washington, et James n'effectue que des missions de courte durée : "À cause des enfants, bien entendu."
Pendant toute sa carrière, James Thomson a beaucoup travaillé avec des chercheurs du
C.I.R.A.D. (Centre de Coopération International de Recherches Àgronomiques pour le Développement). Certains sont devenus ses amis. Une des antennes de cet organisme français se trouve à
Montpellier où James vient de s'installer pour poursuivre ses travaux.
À la
Revue online des Gens de Montpellier, il explique sa démarche plus en détail : "Comme la tradition française est de créer des collectivités décentralisées (notamment les
S.I.V.U.M. (Syndicats Intercommunaux à Vocations Uniques et Multiples), je suis venu à Montpellier pour étudier sur place leur fonctionnement et leur impact par exemple sur la pêche côtière, les étangs ; et, en amont, sur les rivières, les nappes phréatiques, les pâturages, les forêts..."
Que James aime-t-il à Montpellier ? "Son climat, les mélanges des quartiers moyenâgeux, les grands espaces comme la Comédie, les infrastructures comme le Corum." Et il ajoute bien sûr : "Montpellier est une ville universitaire et une ville de recherche."
James Thomson a été, est et restera un chercheur dans l'âme : "J'ai du mal à délaisser les structures et les institutions..." conclut-il sa conversation avec la
Revue online des Gens de Montpellier, avec un sourire entendu.