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2008, May 08
 
 
 
"Ellen ? Une dame très compétente, un peu touche à tout."
 
 
 
"Ma passion : l'étude des institutions."
 
 
 
 
"Deux garçons : deux projets communs à Ellen et à moi..."
 
 
 
 
"Quand Ellen est rentrée au village avec deux enfants dans les bras, sa côte est montée."
 
 

Autres cultures : James Thomson

Un chercheur américain à Montpellier ? Rien d'étonnant, étant donnée la réputation de notre ville dans ce domaine. Mais un chercheur américain à la retraite qui y poursuit ses activités… ? Déjà plus rare. C'est pourtant le cas de James Thomson, américain de souche, né à Chicago, amateur de Montpellier.
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James Thomson, Montpellier
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Il fréquente tout d'abord le lycée de Stevens Point dans le Wisconsin. Son père est directeur d'une compagnie d'assurances. À son propos, James Thomson confie avec émotion : "Un samedi, notre père nous a amenés, mon frère et moi, dans les locaux de la société. Il a sonné, et le gardien est venu nous ouvrir, nous lui avons parlé."
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"Plus tard, notre père nous a expliqué sa démarche : il a tenu à nous faire sentir que le concierge était un être humain et que nous devions le respecter." Cette approche est remarquable, surtout si on la situe dans son contexte : les U.S.A. vers la fin des années cinquante. Ceci a marqué James pour toute sa vie. Très tôt, son chemin a été tracé : il sera un humaniste.
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James Thomson à Montpellier
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Ses études supérieures ? Le Carlton Liberal Arts College situé dans le Minnesota. Les Liberal Arts Colleges ont une place à part aux États-Unis : on y est admis sur sélection, et leur objectif est d'apprendre à considérer des problèmes - issus de diverses matières - sous différents aspects. James Thomson étudie avec facilité et se passionne pour les langues. C'est en décembre 1962 qu'il rencontre Ellen qui fréquente le même établissement. Ellen ? "Une dame très compétente, un peu touche à tout", confie James à la Revue online des Gens de Montpellier. Elle deviendra Madame Thomson au printemps 1967 et elle partage toujours sa vie.
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Lors de ses études, James Thomson fait un break d'un an, et il part découvrir l'Allemagne à vélo. Comme presque toujours, le but de son voyage est culturel (histoire, philosophie...), et il lui permet de maîtriser la langue allemande.
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De retour à l'université, il devient rédacteur local du journal de l'établissement dont il sort deux ans plus tard avec la mention "assez bien".
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En 1966, James Thomson s'engage dans le Corps de la Paix. "C'est une agence rattachée au gouvernement. Elle recrute de jeunes gens diplômés et volontaires pour aider les pays en voie de développement à mettre en oeuvre des projets. Ces projets sont montés par les gouvernements et financés par des aides internationales."
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James Thomson part pour le Niger en 1964 pour une période de deux ans, "malheureusement sans Ellen". Son projet ? L'alphabétisation des populations dans leurs langues maternelles. Cependant, il y a un problème majeur... Il n'y a rien à lire, à part un journal édité dans le nord du pays, du nom expressif "Gashiya ta fi kwombo" en Haoussa (langue la plus usitée au Niger) ou, en français : "La vérité vaut plus qu'un centime."
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Le responsable du Corps de la Paix propose donc aux autorités nigériennes d'éditer un journal. James Thomson et ses compagnons sont dotés du matériel nécessaire : le journal naît ! Il comporte quatre pages et paraît tous les quinze jours. Les articles qui intéressent le plus les paysans-étudiants concernent l'application du code forestier en raison des amendes que leur infligent les "gardes-champêtres".
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De cette période, James Thomson se souvient d'une anecdote : "Le président du Niger, Hamani Diori, voulait apprendre l'anglais pour améliorer les
 
 

James Thomson, humaniste à Montpellier

relations diplomatiques avec son homologue nigérian. Pour cela, chaque soir, un des membres du Corps de la Paix allait s'entretenir avec lui. Lors d'une de mes visites, le Président m'a demandé : 'Thomson ! Pourquoi tu ne publies que de mauvaises nouvelles dans ton journal ?' Spontanément, je lui ai répondu : 'C'est ça qui intéresse les gens...'."
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Pendant tout ce séjour, Ellen et James entretiennent une importante correspondance qui leur permet de rester liés. Finalement, James Thomson retrouve les États-Unis où il est admis à l'Université d'État de l'Indiana et où, enfin, il épouse Ellen.
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Qu'apprend-il à l'université ? Tout d'abord les sciences politiques. "Ma passion" déclare-t-il à la Revue online des Gens de Montpellier, "a été l'étude des institutions, le droit et surtout leur possibilité d'influencer les comportements individuels et collectifs." Il appliquera cela au domaine des énergies renouvelables.
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James Thomson revient au Niger en 1971 - cette fois-ci avec Ellen. Il y étudie sur le terrain ce qu'il appelle le "droit au quotidien" : "J'ai surtout abordé les litiges fonciers, familiaux ou administratifs, en appliquant les règles de l'école juridique de Maliki." Et il raconte avec un sourire malicieux : "Un jour, un de mes collaborateurs m'a signalé un problème avec le forestier du canton - celui-ci faisait payer à tort des amendes aux paysans pour avoir soi-disant coupé des branches sur des arbres protégés." La seule solution qu'ils ont pu fournir aux plaignants : "Ci da ce to" en Haoussa ou, littéralement : "Mange et dis ok !" Autrement dit - "Achète le fonctionnaire !" - corruption oblige...
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De 1973 à 1974, James Thomson prépare sa thèse sur ses expériences au Niger. En 1974, il devient professeur des sciences politiques dans un Liberal Àrts College en Pennsylvanie. Son épouse l'accompagne toujours. "Ellen est une artiste," note-t-il, "elle a toujours été mon premier partenaire intellectuel." Ils ont deux approches différentes tout d'abord de par leur lieu de naissance : James est "un Nordiste dans l'âme", Ellen est née à New York City, à Manhattan ; puis, de par leur spécificité : l'une juridique, l'autre plutôt artistique. Cette complémentarité renforcera une union durable de laquelle naissent deux garçons : "deux projets communs à Ellen et à moi."
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En 1977, la famille Thomson repart pour le Niger. En ce moment-là, James est chercheur en droit du développement. "Quand Ellen est rentre au village avec nos deux enfants dans les bras, sa côte est montée", témoigne James, l'air amusé.
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Un Montpelliérain : James Thomson
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De retour aux États-Unis, James Thomson évolue de son statut d'enseignant à celui de consultant international, il le deviendra en 1983 et le restera jusqu'à sa retraite en Mars 2007. En ce moment, la famille est basée à Washington, et James n'effectue que des missions de courte durée : "À cause des enfants, bien entendu."
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Pendant toute sa carrière, James Thomson a beaucoup travaillé avec des chercheurs du C.I.R.A.D. (Centre de Coopération International de Recherches Àgronomiques pour le Développement). Certains sont devenus ses amis. Une des antennes de cet organisme français se trouve à Montpellier où James vient de s'installer pour poursuivre ses travaux.
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À la Revue online des Gens de Montpellier, il explique sa démarche plus en détail : "Comme la tradition française est de créer des collectivités décentralisées (notamment les S.I.V.U.M. (Syndicats Intercommunaux à Vocations Uniques et Multiples), je suis venu à Montpellier pour étudier sur place leur fonctionnement et leur impact par exemple sur la pêche côtière, les étangs ; et, en amont, sur les rivières, les nappes phréatiques, les pâturages, les forêts..."
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Que James aime-t-il à Montpellier ? "Son climat, les mélanges des quartiers moyenâgeux, les grands espaces comme la Comédie, les infrastructures comme le Corum." Et il ajoute bien sûr : "Montpellier est une ville universitaire et une ville de recherche."
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James Thomson a été, est et restera un chercheur dans l'âme : "J'ai du mal à délaisser les structures et les institutions..." conclut-il sa conversation avec la Revue online des Gens de Montpellier, avec un sourire entendu.
 
 
Les autres portraits "autres cultures" de la
Revue online des Gens de Montpellier