Nicole Leier : La culture franco-allemande
on ouvre une bouteille de vin, et on échange. Comme dans la plupart des activités culturelles, il existe un "noyau dur" de participants auquel viennent se greffer d'autres participants plus occasionnels. Il est évident que l'esprit critique est présent : on a aimé ou pas, pourquoi ? On parle du sujet et du style, mais sans entrer dans le détail de l'analyse universitaire. On se base sur l'échange et le plaisir partagé.
C'est ainsi que depuis quatre ans cette activité se développe. Elle est à présent bien ancrée, et sa continuation est assurée. Nicole Leier ajoute que sa longévité permet la comparaison entre les livres lus actuellement et ceux qui ont été précédemment analysés. Puis, elle ajoute avec une pointe de fierté : "Tous les ans, on invite un auteur pour une lecture d'extraits de son dernier livre dans le cadre de la semaine allemande."

Nicole Leier organise et prend part à cette activité avec enthousiasme et plaisir : "On ne compte pas les heures", confie-t-elle à la
Revue online des Gens de Montpellier. Les réunions peuvent finir beaucoup plus tard que prévu...
C'est ainsi que la jeune femme évolue dans un milieu "biculturel" : "J'ai toujours travaillé dans un milieu franco-allemand - la moitié du temps, je parle français, l'autre moitié, je parle allemand". Son français est excellent. La langue lui est tellement proche qu'il peut lui arriver, quoique très rarement, de glisser une expression française dans une conversation allemande."
Nicole a découvert à Montpellier que certaines idées reçues sur les gens du Sud ne sont pas toujours fausses : leur spontanéité et leur capacité d'improvisation sont réelles. Dans son travail, cela engendre des avantages et des inconvénients. On peut préparer une activité culturelle à moins long terme, les réactions face à certaines situations sont plus flexibles - mais le stress est présent (et elle y est habituée) au moment où tout ne se déroule pas exactement selon le schéma prévu.
Le point très positif qu'elle retient de sa vie "biculturelle" est la connaissance de deux langues à la fois et de deux façons de vivre. C'est ainsi que Nicole prend plaisir à faire connaître les aspects propres à l'un de ses deux pays aux habitants de l'autre. Aujourd'hui, elle ne pourrait renoncer ni à l'une ni à l'autre de ses appartenances.
En privé, Nicole et son compagnon préfèrent s'exprimer en français, bien que Gilles maîtrise assez bien la langue allemande. "Il serait peu naturel", explique Nicole Leier à la
Revue online des Gens de Montpellier, "si, tout à coup, nous nous mettions à parler allemand alors que nous vivons en France, mais…" - elle réfléchit - "si on vivait en Allemagne, ce serait peut-être différent."
Chez elle, Nicole Leier tente parfois de se déconnecter de la Maison de Heidelberg. Mais cela ne l'empêche pas d'y ramener du travail ou bien de le garder présent dans son esprit. Il est clair que son activité ne peut pas être comparée à un travail "classique" - "lire fait partie de mon métier, mais c'est aussi un plaisir !" Travail et plaisir ne peuvent donc pas être séparés.
Un des livres qu'elle a préféré parmi ceux qui ont été analysés par le cercle littéraire est "Am Beispiel meines Bruders" ("L'exemple de mon frère"), écrit par Uwe Timm. Il retrace l'histoire d'une famille allemande pendant la deuxième guerre mondiale.
À propos de cette époque, Nicole Leier pense que l'on devrait continuer à organiser des manifestations culturelles - mais pas s'y restreindre. D'après elle, il est temps, soixante ans après la guerre, de montrer que l'Allemagne est un pays différent de ce que reflète l'histoire et qu'il vaut la peine de découvrir sa culture.
Nicole Leier est-elle heureuse dans sa position à cheval entre deux cultures ? "J'effectue un travail passionnant qui reflète un vécu personnel et un engagement pour les échanges franco-allemands."