last revised:
2008, may 08
 
 
 
"Française et alle-
mande, les deux en même temps."
 
 
 
"L'important est que tous participent."
 
 
 
 
"La moitié du temps, je parle français, l'au-
tre moitié, allemand."
 
 
 
 
"Lire fait partie de mon métier, mais c'est aussi un plaisir."
 
 

Le pluriculturalisme : Nicole Leier

C'est à Montpellier que Nicole Leier travaille et vit depuis plus de quatre ans. Son métier : la programmation culturelle à la Maison de Heidelberg.
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Nicole Leier, Montpellier
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Déjà très tôt, Nicole Leier a été gagnée par l'esprit d'échange entre l'Allemagne et la France - c'est alors tout naturel que sa carrière professionnelle ait suivi le même chemin : l'enthousiasme pour l'échange est allé jusqu'à la création d'un cercle littéraire à la Maison de Heidelberg...
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En 1996, elle interrompt ses études en Allemagne pour une année où elle travaille en tant qu'assistante d'allemand dans un collège à Nîmes. Bien sûr, elle fréquente aussi la Maison de Heidelberg, le Centre culturel allemand, à Montpellier. Elle y fait même un stage. Pendant ce stage, elle va avoir une approche de l'intérieur des échanges franco-allemands qui vont devenir pour elle un véritable engagement, presque une passion. Par la même occasion, elle découvre Montpellier et ses multiples attraits.
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Nicole Leier à Montpellier
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Avant de quitter Nîmes en 1997, elle rencontre Gilles - celui qui deviendra son conjoint. Si bien que, jusqu'en 2003, tous deux font la navette entre l'Allemagne et la France. Gilles passe un an en Allemagne et pour le reste, Nicole change de pays tous les six mois.
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Finalement, trois ans plus tard, elle retrouve Gilles à Montpellier qui, lui aussi, travaille dans un domaine où le pluriculturalisme est omniprésent : la recherche. Déjà, Nicole ne se sent ni vraiment française, ni vraiment allemande... plutôt les deux en même temps ! "Je me sens moitié-moitié", déclare-t-elle avec un sourire. Elle travaille alors à la faculté des Lettres Paul Valéry où elle est chargée des cours d'allemand et du développement d'activités culturelles auprès des étudiants.
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C'est là qu'elle trouve l'idée. Elle paraît simple, mais encore fallait-il y songer... Il s'agit, précise Nicole Leier, "de faire découvrir la littérature contemporaine de langue allemande (de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Suisse allemande) aux étudiants en France."
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D'où vient cette idée ? Tout simplement d'une constatation : les programmes universitaires se limitent à l'étude des auteurs classiques (Goethe, Schiller...) dont les textes sont approfondis, analysés, disséqués. La littérature vivante, actuelle, est négligée. Alors, pourquoi ne pas la faire connaître et apprécier, mais dans une optique différente ? C'est à cela qu'a pensé Nicole Leier. Il ne va plus s'agir de décortiquer les textes, ni de les aborder à la manière universitaire, mais de lire pour le plaisir et de constituer un cercle littéraire (ici transparaît la notion d'échanges, si chère à la jeune femme).
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Nicole Leier soumet son projet à la Maison de Heidelberg qui l'accepte - et c'est le début d'une collaboration entre elle et Hans Demes, le directeur pédagogique de la Maison de Heidelberg, qui dure encore aujourd'hui.
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Au fait, quel est le public à qui s'adresse l'idée du cercle littéraire ? "Il s'agit de passionnés de la lecture", explique Nicole Leier à la Revue online de Montpellier, "tous bilingues, souvent de professeurs d'allemand et d'étudiants." Lors de ces réunions, le public et les organisateurs se réunissent dans la bibliothèque du Centre culturel allemand. On allume des bougies,
 
 

Nicole Leier : La culture franco-allemande

on ouvre une bouteille de vin, et on échange. Comme dans la plupart des activités culturelles, il existe un "noyau dur" de participants auquel viennent se greffer d'autres participants plus occasionnels. Il est évident que l'esprit critique est présent : on a aimé ou pas, pourquoi ? On parle du sujet et du style, mais sans entrer dans le détail de l'analyse universitaire. On se base sur l'échange et le plaisir partagé.
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C'est ainsi que depuis quatre ans cette activité se développe. Elle est à présent bien ancrée, et sa continuation est assurée. Nicole Leier ajoute que sa longévité permet la comparaison entre les livres lus actuellement et ceux qui ont été précédemment analysés. Puis, elle ajoute avec une pointe de fierté : "Tous les ans, on invite un auteur pour une lecture d'extraits de son dernier livre dans le cadre de la semaine allemande."
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Nicole Leier et Montpellier
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Nicole Leier organise et prend part à cette activité avec enthousiasme et plaisir : "On ne compte pas les heures", confie-t-elle à la Revue online des Gens de Montpellier. Les réunions peuvent finir beaucoup plus tard que prévu...
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C'est ainsi que la jeune femme évolue dans un milieu "biculturel" : "J'ai toujours travaillé dans un milieu franco-allemand - la moitié du temps, je parle français, l'autre moitié, je parle allemand". Son français est excellent. La langue lui est tellement proche qu'il peut lui arriver, quoique très rarement, de glisser une expression française dans une conversation allemande."
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Nicole a découvert à Montpellier que certaines idées reçues sur les gens du Sud ne sont pas toujours fausses : leur spontanéité et leur capacité d'improvisation sont réelles. Dans son travail, cela engendre des avantages et des inconvénients. On peut préparer une activité culturelle à moins long terme, les réactions face à certaines situations sont plus flexibles - mais le stress est présent (et elle y est habituée) au moment où tout ne se déroule pas exactement selon le schéma prévu.
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Le point très positif qu'elle retient de sa vie "biculturelle" est la connaissance de deux langues à la fois et de deux façons de vivre. C'est ainsi que Nicole prend plaisir à faire connaître les aspects propres à l'un de ses deux pays aux habitants de l'autre. Aujourd'hui, elle ne pourrait renoncer ni à l'une ni à l'autre de ses appartenances.
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En privé, Nicole et son compagnon préfèrent s'exprimer en français, bien que Gilles maîtrise assez bien la langue allemande. "Il serait peu naturel", explique Nicole Leier à la Revue online des Gens de Montpellier, "si, tout à coup, nous nous mettions à parler allemand alors que nous vivons en France, mais…" - elle réfléchit - "si on vivait en Allemagne, ce serait peut-être différent."
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Chez elle, Nicole Leier tente parfois de se déconnecter de la Maison de Heidelberg. Mais cela ne l'empêche pas d'y ramener du travail ou bien de le garder présent dans son esprit. Il est clair que son activité ne peut pas être comparée à un travail "classique" - "lire fait partie de mon métier, mais c'est aussi un plaisir !" Travail et plaisir ne peuvent donc pas être séparés.
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Un des livres qu'elle a préféré parmi ceux qui ont été analysés par le cercle littéraire est "Am Beispiel meines Bruders" ("L'exemple de mon frère"), écrit par Uwe Timm. Il retrace l'histoire d'une famille allemande pendant la deuxième guerre mondiale.
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À propos de cette époque, Nicole Leier pense que l'on devrait continuer à organiser des manifestations culturelles - mais pas s'y restreindre. D'après elle, il est temps, soixante ans après la guerre, de montrer que l'Allemagne est un pays différent de ce que reflète l'histoire et qu'il vaut la peine de découvrir sa culture.
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Nicole Leier est-elle heureuse dans sa position à cheval entre deux cultures ? "J'effectue un travail passionnant qui reflète un vécu personnel et un engagement pour les échanges franco-allemands."
 
 
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Revue online des Gens de Montpellier